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Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

Omniprésents dans notre quotidien, les perturbateurs endocriniens constituent pourtant l’un des pires ennemis de la santé en ayant des impacts néfastes sur la fertilité, le métabolisme, l’humeur. Pour en venir à bout, modifier carrément son mode de vie est de rigueur.

Perturbateur endocrinien : définition, mode d’action

Les perturbateurs endocriniens sont des molécules altérant le fonctionnement normal du système hormonal et affectant de nombreuses espèces, y compris l’homme. Selon la définition d’un perturbateur endocrinien par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) datant de 2012, il s’agit d’une substance ou d’un mélange de substances qui perturbe les fonctions du système endocrinien et qui a des effets néfastes sur un organisme intact, sa progéniture ou des sous-populations. Concernant leur mode d’action, notre corps produit des hormones qui régulent diverses fonctions essentielles comme la croissance, la reproduction et le développement. Les perturbateurs endocriniens interfèrent avec ce système hormonal en affectant les glandes endocrines, dont l’hypothalamus, l’hypophyse, la thyroïde, les glandes surrénales, le pancréas ainsi que les testicules et les ovaires.

Les effets sur le corps

Les perturbateurs endocriniens sont fortement soupçonnés d’augmenter les risques de divers problèmes de santé notamment l’obésité, les allergies, les cancers (thyroïde, sein, prostate) ainsi que des troubles du comportement tels que l’hyperactivité et les déficits d’attention chez les enfants. Leurs effets néfastes se manifestent principalement sur plusieurs aspects de la santé surtout le métabolisme en touchant diverses fonctions biologiques comme la digestion, la respiration et la synthèse de protéines. Ils agissent aussi sur les paramètres vitaux tels que le rythme cardiaque, la tension artérielle, la glycémie et la température corporelle, l’humeur et les émotions ressenties par les individus, la fécondité tant féminine que masculine, le développement embryonnaire et la croissance fœtale ainsi que les cycles de sommeil, de veille et menstruel.

Des exemples de perturbateurs endocriniens

Plus de 1 000 molécules sont actuellement suspectées d’avoir des effets néfastes sur notre système hormonal. Leur origine est variée et elles peuvent être classées en différentes catégories, à commencer par les pesticides et les fertilisants. Les insecticides, herbicides, fongicides ainsi que certains fertilisants et antioxydants sont particulièrement préoccupants. Ils contaminent l’air, l’eau et le sol, même si une partie d’entre eux sont déjà interdits. Les produits pharmaceutiques rejetés par notre organisme peuvent polluer les eaux et être involontairement absorbés. La pilule contraceptive, les hormones stéroïdiennes et certains parabènes sont des exemples courants de polluants médicamenteux. Certains additifs utilisés dans l’industrie cosmétique peuvent aussi agir comme des perturbateurs endocriniens. Les parabènes et certains filtres solaires en sont des exemples. Leur utilisation quotidienne soulève des préoccupations quant à leur impact sur la santé.

Naturellement présents dans les sols, les métaux toxiques comme le cadmium, le mercure, l’arsenic, le plomb et le manganèse peuvent être présents en concentrations élevées dans l’environnement en raison de leur utilisation industrielle et sont des perturbateurs endocriniens particulièrement craints. Il en est de même pour les bisphénols, les phtalates, les perfluorés, les dioxines et de nombreux autres produits de la chimie de synthèse qui sont également nocifs. Les produits d’entretien ménager constituent une source importante de contamination, de même que certains contenants alimentaires et les revêtements antiadhésifs.

Comment se protéger des perturbateurs endocriniens ?

Pour limiter l’exposition aux perturbateurs endocriniens, des précautions sont recommandées particulièrement pour les populations les plus sensibles comme les femmes enceintes ou allaitantes, les fillettes, les adolescents, les femmes en âge de procréer et les enfants de moins de 3 ans. Par exemple, il faut privilégier les produits de saison et biologiques pour limiter l’exposition aux métaux lourds, aux retardateurs de flamme, aux PCB et aux dioxines provenant de l’industrie qui contaminent notre alimentation. Il est conseillé de consommer du poisson deux fois par semaine, en veillant à choisir des espèces moins exposées aux polluants pour les femmes enceintes.

Les produits cosmétiques peuvent contenir des ingrédients susceptibles d’être des perturbateurs endocriniens. Il faut privilégier les produits avec moins d’additifs étiquetés comme « naturels » ou labellisés bio pour réduire l’exposition aux substances nocives, en particulier pour les femmes enceintes. Aérer régulièrement les espaces intérieurs permet de renouveler l’air et de réduire la concentration de substances polluantes émises par les meubles, les peintures et les produits d’entretien. Un nettoyage régulier de la poussière avec un aspirateur puissant est recommandé pour limiter l’exposition quotidienne aux perturbateurs endocriniens.

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